Pris’en conte

L’animation Pris’en conte s’adresse aux prisonniers de l’aile psychiatrique de la prison de Saint-Gilles, en partenariat avec la FAMD. Il s’agit de faire avec eux un trajet de création de contes faisant le lien entre leurs origines et les rapports qu’ils entretiennent avec l’extérieur. Par extérieur, nous entendons famille, amis, mais aussi plus généralement leur vision du monde extérieur et de son fonctionnement. Il s’agit donc, d’une mise en perspective à la fois des enjeux de société au travers du regard des prisonniers et à la fois de leur environnement proche, la prison. Le trajet se termine sur une question ouverte, à savoir, comment les prisonniers se projettent-ils dans ce monde extérieur à leur sortie. Néanmoins notre objectif n’est pas de travailler à la réinsertion des prisonniers dans le futur mais bien de leur permettre de réaliser leurs droits culturels au présent, dans le milieu carcéral.

Le conte permet aux participants d’exprimer leur histoire tout en gardant l’anonymat. Aussi, le conte, de par sa dimension universelle, peut accueillir différentes réalités : les réalités individuelles peuvent s’y rencontrer et entrer dans un processus collectif.

Victimes d’instrumentalisation policière, pénitentiaire voire juridique, les détenus sont souvent dépossédés de leurs droits culturels. L’absence de possibilités d’expression et l’isolement social dans lequel ils se trouvent, affectent leur identité culturelle, leurs capacités d’autonomie, individuelles ou collectives, et leur sens critique. Afin de lutter contre cette atteinte identitaire, les activités « Pris’en conte » permettent aux participants de :

  • Réinvestir leur identité citoyenne en participant activement à un atelier au cours duquel chacun valorise ses droits culturel,
  • Sortir de l’isolement auquel ils sont habitués par la mise à disposition d’un espace de dialogue interculturel où chacun peut exprimer les réalités auxquelles il est confronté tout en respectant la parole de l’autre.
  • Prendre confiance en leurs capacités d’analyse et d’action en exprimant des revendications « contées » au sein d’un collectif, en justifiant les raisons de leur choix et en osant s’affirmer en tant que citoyens.
  • Prendre du recul quant aux conditions de vie en prison ainsi que sur les réalités sociétales extérieures à la prison. Cette distanciation est garantie par l’utilisation du conte dont le langage imagé assure cette distanciation.
  • Partager leur voix au-delà de la prison grâce à la production de contes lus hors les murs.
Les violences, les traitements dégradants, les suivis médicaux déficients, les risques sanitaires et les problèmes de trafic sont loin d’être sortis de prison. Ceci peut laisser penser que la question du quotidien carcéral et de ses effets sur les détenus n’est pas urgente. Or, ce quotidien rompt brutalement avec les besoins et caractéristiques fondamentaux de l’humain, notamment en ce qu’il empêche toute appropriation subjective de l’espace-temps. C’est pourquoi, dans cette analyse, nous proposons de mener une réflexion sur les conséquences de cette confiscation de l’espace-temps personnel, en nous basant sur les témoignages de travailleurs sociaux du milieu carcéral.

Extrait de l’Analyse: – PRISON ET CONFISCATION DE L’ESPACE-TEMPS PERSONNEL : LE DÉTENU, UN OBJET D’EMPRISE ? Par Anne-Sophie Romainville

 

Très bientôt le « Carnets de contes » réalisé par les participants dans le cadre de cette activité Pris’en conte sera disponible ici.

 

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