D’Hitler à Mère Teresa, il n’y a qu’un pas (dans les débats) : les figures stéréotypées dans une société en panne d’idéologie collective

Analyse 2017 – Comparer son adversaire avec Hitler constitue une véritable arme (fatale) dans le débat d’idées contemporain, quel que soit le sujet traité. Si cette habitude rhétorique est humaine et à certains égards « rassurante », elle révèle, selon l’hypothèse de François de Smet, une véritable panne d’idéologie collective. Dans ce cadre, nous proposons de mener une réflexion sur la façon dont ce vide idéologique parasite le débat d’idées et sur les missions qui incombent à l’éducation permanente face à cette problématique sociétale.

INTRODUCTION

Il est des figures du passé qui hantent nos sociétés. Certaines, telles que celle d’Adolf Hitler, le font avec acharnement. Si l’omniprésence de cette figure centrale du nazisme dans les représentations collectives témoigne d’une conscience de la gravité des crimes qu’il a commis – et donc d’une certaine efficacité du travail de mémoire –, elle pose également question, surtout quand elle s’observe dans des débats et des conversations qui ont très peu de lien avec ces événements historiques.

Certains chercheurs ont montré que comparer son adversaire avec Hitler constitue une véritable arme (fatale) dans le débat d’idées contemporain, quel que soit le sujet traité. Ce phénomène, bien connu aujourd’hui sous le nom de « point Godwin », est observé depuis des dizaines d’années. Le philosophe Strauss l’a d’abord fait connaitre en soulignant l’argument-type de la reductio ad Hitlerum, c’est-à-dire l’utilisation d’un procédé rhétorique consistant à disqualifier les arguments d’un adversaire en les assimilant aux thèses du national-socialisme et à sa figure centrale qu’est Hitler. La loi Godwin, quant à elle, est tirée des observations que l’avocat new-yorkais Mike Godwin a menée sur les discussions en ligne : il a constaté que « plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler se rapproche de un ».  En d’autres termes, plus une discussion s’éternise sur les discussions en ligne, plus on a de chance qu’apparaisse une comparaison avec Hitler ou les nazis, quel que soit le thème du débat au départ.

Ainsi, on peut constater que depuis des années, sur internet et ailleurs, les citoyens ont tendance à faire référence à Hitler en dernier recours (lorsqu’une discussion s’éternise) ou pour décrédibiliser le plus rapidement possible un adversaire, sans prendre la peine d’argumenter leurs positions, même lorsque le débat ne porte pas sur des éléments en lien avec le fascisme (ses méthodes, ses idées).

Si ce phénomène parait anodin, certains affirment qu’il est en réalité le symptôme d’un problème sociétal fondamental, celui d’un « vide » idéologique. Dans ce cadre, nous désirons explorer brièvement quelques questions : la récurrence de cette figure dans nos représentations nous dit-elle quelque chose de notre société ? Faut-il s’en « réjouir », au nom du travail de mémoire, ou, bien au contraire, s’en inquiéter ? Ce phénomène est-t-il isolé ? Les débats contemporains ne sont-ils pas parasités par d’autres procédés rhétoriques du même type? Dans cette courte analyse, nous proposons à la fois de mettre en lumière en quoi l’omniprésence d’Hitler dans les débats est « humaine » et à certains égards « rassurante », mais aussi de montrer en quoi, comme l’affirme François de Smet, elle  est aussi et surtout le symptôme d’une panne d’idéologie collective. Nous proposons dès lors de mener une réflexion sur la façon dont cette panne idéologique parasite le débat d’idées et sur les missions qui incombent à l’éducation permanente face à cette problématique sociétale.

  1. DES FIGURES STÉRÉOTYPÉES POUR COMPRENDRE UN RÉEL COMPLEXE

Lorsqu’on fait passer quelqu’un pour un véritable monstre ou un dangereux personnage en l’associant à Hitler sur la base de l’observation d’une ressemblance dans les gestes, les propos, les opinions, les caractéristiques physiques ou mentales, on opère un saut dans l’interprétation du réel : on catégorise une personne ou ses actions selon un stéréotype ; le stéréotype, ici, du nazi, du mal absolu, qu’incarne Hitler à nos yeux.

Les stéréotypes désignent des représentations sociales au sujet des différents groupes sociaux. Plus précisément, ils sont définis comme « des généralisations basées sur l’appartenance à une catégorie, c’est-à-dire des croyances dérivées de l’inférence que tous les membres d’une catégorie donnée partagent les mêmes propriétés et sont donc interchangeables. »[1] Les stéréotypes sont des représentations sociales qui nous servent à appréhender le réel, ils permettent de classer les «objets » (réalités matérielles, individus, groupes, concepts, etc.) de notre environnement. Ils ont une fonction «signifiante » , c’est-à-dire qu’ils permettent de situer cet objet dans le champ du réel, de lui donner une signification qui est à la fois descriptive, catégorisante et évaluative, et qui permet de le distinguer par rapport aux autres, de l’intégrer dans un système de normes et de valeurs et enfin de justifier les dispositions pratiques et les jugements relatifs à cet objet[2].

Bien qu’elles constituent nécessairement des images simplifiées du réel, nos représentations sont indispensables pour nous permettre de penser le réel et pour pouvoir agir dans le monde. Le monde est en effet toujours trop complexe pour l’humain. Dans des interactions où l’autre (sa nature, ses intentions, ses pensées) demeure inéluctablement une énigme, l’Homme tente d’apprivoiser ses interlocuteurs en les catégorisant, pour adapter son comportement et son jugement en fonction des catégories ainsi créées.

L’existence, dans les représentations collectives, d’une catégorie prototypique du mal absolu, incarnée par les nazis ou plus spécifiquement Hitler semble bien, dans ce cadre, tout à fait compréhensible. Comme le souligne François de Smet[3], La figure d’Hitler est « pratique » pour l’esprit humain parce qu’elle constitue une incarnation personnifiée du mal absolu, qui répond au besoin de disposer d’éléments concrets et clairs pour se représenter des principes abstraits et complexes tels que ceux du mal (et du bien). Ainsi, condenser le mal sur une personne est plus commode et rassurant pour la représentation et l’imaginaire humains[4].

L’omniprésence de cette catégorie se comprend par ailleurs par le fait que l’Allemagne nazie porte le poids de la Shoah, qui la distingue incontestablement d’autres régimes totalitaires par la tentative d’extermination d’un peuple entier en tant que peuple et par la nécessité d’en rendre compte au procès de Nuremberg[5]. En ce sens, on est bien face à un « crime qui marque notre modernité parce qu’il reste la mise en action d’un plan d’extermination », à l’aide d’outils industriels et administratifs, « d’une partie de l’humanité sur base raciale, à une époque déjà mondialisée où l’humain constituait déjà un référent moral universel – contrairement à l’époque de la traite négrière par exemple »[6].

La catégorie stéréotypée du « nazi » comme incarnation du mal absolu se comprend donc aisément lorsque l’on se penche sur le fonctionnement de l’imaginaire et des représentations humains. Par ailleurs, elle semble attester, a priori, de l’effet positif d’un travail de mémoire qui a permis à plusieurs générations de garder le souvenir d’événements traumatiques, permettant de reconnaitre les victimes (directes et indirectes) de ces événements mais aussi, a priori, de développer une réflexion sur les erreurs du passé pour appréhender le présent de façon constructive et éclairée. Néanmoins, il semble que cette mémoire collective que nous avons construite autour de la seconde guerre mondiale soit plus creuse qu’il n’y paraisse, comme certaines enquêtes le montrent. Il semble que c’est surtout la figure d’Hitler comme incarnation du mal absolu qui prédomine, mais que cela ne s’accompagne pas nécessairement d’une connaissance approfondie des modalités et des particularités qui ont permis à cet homme de commettre, avec le concours de nombreuses autres personnes, ce crime contre l’humanité. Comment appréhender, dès lors, cette omniprésence de la figure stéréotypée d’Hitler dans les débats et dans les représentations aujourd’hui ?

 

  1. DES FIGURES STÉRÉOTYPÉES POUR COMPENSER UNE PANNE D’IDÉOLOGIES

Si elle s’explique en partie par une inclination humaine naturelle à la catégorisation stéréotypée des éléments complexes et abstraits du monde, l’extrême récurrence de la mention d’Hitler ou des nazis dans les discours qui ne traitent pas directement de cette thématique révèle en réalité une fragilité propre à notre société : selon François de Smet, cette récurrence est le signe d’une difficulté collective et sociétale à qualifier le bien et le mal à travers des idéologies assumées et construites – et non uniquement en réveillant le souvenir de traumatismes collectifs ou en utilisation des catégories qui incarnent le mal absolu.

  • La reductio ad Hitlerum comme arme fatale dans les débats

Dans son essai sur la loi Godwin[7], François de Smet défend la thèse selon laquelle la nécessité de faire appel à une figure traumatisante – dont la mort remonte à presque 60 ans – pour combattre un adversaire est le signe que notre société est incapable de se doter de « référents universels clairs »[8], de principes qui soient des candidats au bien et puissent faire consensus.

Cette absence de principes et de référents partagés s’explique selon lui par un phénomène de « démonétarisation » – ou dévalorisation – des idéologies[9]. Il semblerait en effet que dans nos sociétés contemporaines, plus aucun ensemble cohérent d’idées et de croyances ne soit suffisamment construit, assumé et partagé que pour faire œuvre d’idéologie[10] qui oriente et justifie l’action.

Plusieurs éléments peuvent expliquer que les idéologies n’aient plus de place et de valeur reconnues aujourd’hui[11]. D’abord, nos sociétés sont marquées (voire traumatisées) par le souvenir de régimes auxquels on associe une idéologie forte et qui se sont surtout illustrés par leur caractère dogmatique et totalitaire. Ensuite, et ceci y est sans doute lié, nous sommes entrés dans une phase intellectuelle et culturelle particulière, qualifiée par certains de « postmoderne[12] » et qui, pour résumer de façon grossière, consiste à se méfier des traditions idéologiques de la modernité occidentale et des vérités présentées comme absolues. Nous pouvons également souligner la difficulté, héritée – au moins en partie – des institutions religieuses et de la moralité qu’elles imposent, à accepter que le mal est complexe et se trouve partout et chez tout le monde, et donc à travailler à l’apprivoiser. Enfin, une grande partie des évolutions culturelles, socioéconomiques et politiques du monde actuel est insidieusement régie par une idéologie qui ne s’assume pas comme telle. L’idéologie néolibérale[13] est en effet présentée comme la seule réponse possible à la nature rationnelle et prévisible de l’humain ; elle ne s’assume dès lors pas comme relevant d’un ensemble de croyances et d’idées contestables – et favorables surtout à certains groupes de personnes – ; elle prétend au contraire ne faire que développer et défendre des principes réalistes et pragmatiques, adaptés à la vérité de l’Homme et du monde.[14]

Dans ce contexte, nous avons donc très peu de principes universels reconnus par tous, permettant de définir notamment le bien et le juste, qui valent non pas parce qu’ils se présentent comme des vérités absolues, mais parce qu’ils font partie d’une idéologie partagée collectivement et qui construit une doctrine qui conduit l’action. C’est ce qui mène les défenseurs de l’ouverture des frontières et/ou de l’accueil des réfugiés à défendre leur position en rappelant l’intérêt économique de l’immigration (au lieu d’affirmer avant tout des principes idéologiques qui prévaudraient sur tout autre argument économique). C’est également ce qui explique qu’affirmer tout simplement qu’« on n’enferme pas des enfants » en évoquant un principe universel de respect de la liberté de l’enfant ou dire que « tout humain, quelle que soit son origine, son passé, sa nationalité doit pouvoir répondre à ses besoins fondamentaux » n’apparaissent même plus comme des options pour convaincre de la nécessité de mettre un terme aux projets de centres fermés pour familles en Belgique ou de veiller à lutter contre la grande précarité dans laquelle sont plongés les réfugiés et les sans-abris en Belgique. Et c’est ce qui mène dès lors, très souvent, à réveiller le souvenir sombre des méthodes et des principes nazis, donc à utiliser la peur et les affects[15], pour espérer que les citoyens se réveillent et s’offusquent de certaines méthodes qui balaient d’un revers de main des principes de justice que de nombreuses personnes pensaient universels et inébranlables.

  • D’Hitler à Mère Teresa, il n’y a qu’un pas (dans les débats)

Dans les débats contemporains, le point Godwin n’est pas le seul procédé rhétorique qui révèle le vide idéologique dans lequel nos esprits sont aspirés. Parce qu’elle nous parait n’être que le revers de la même médaille, le fantôme de Mère Teresa (ou de figures stéréotypées similaires) dans les discours nous interpelle tout autant.

Au-delà du fait que cette figure ait longtemps été l’incarnation du bien absolu aux yeux de nombreuses personnes, et révèle par là-même notre besoin de disposer de figures concrètes incarnant des principes abstraits qui sont plus complexes que ce que l’on veut bien admettre, soulignons que l’étiquette « Mère Teresa » est associée aujourd’hui dans les débats bien souvent à une sorte d’insulte intellectuelle, puisqu’elle contribue à décrédibiliser l’adversaire et son argumentaire en le réduisant à l’incarnation d’une « bien-pensance » dont les individus intelligents et libres devraient s’émanciper. Bien qu’elle se limite à certains cénacles – notamment ceux des « nouveaux philosophes » et de ceux qui marchent sur leurs pas – , cette stratégie est régulièrement utilisée pour jeter le discrédit sur les actions ou les opinions des défenseurs de certains « grands principes », comme ceux de l’égalité des hommes et des femmes au-delà des différences de genre, d’orientation sexuelle, d’origine et de croyance mais aussi de compétences ou de goût, d’origine sociale et de dispositions socioéconomiquement situées, sous prétexte que ceux-ci seraient les porte-paroles d’une « moralité judéo-chrétienne » naïve et donneuse de leçons. Plus encore, le fait même de faire référence, dans une argumentation, à des principes de référence présentés comme devant être universels (comme ceux précités), donc d’assumer des principes à même de favoriser le développement d’idéologies, fait courir le risque à ceux qui s’y risquent de se faire taxer de « cathos bienpensants », de prêcheurs infiltrés, ou de Mère Teresa et d’Abbé Pierre déguisés, qui ne feraient qu’imposer une moralité institutionnalisée par l’Église et chercher la reconnaissance.

Jeter le discrédit sur un adversaire de la sorte ne relève-t-il pas d’un processus similaire à celui qui est en jeu dans la reductio ad Hitlerum ? Assimiler son adversaire à une catégorie stéréotypée de la bien-pensance pour le décrédibiliser n’est-il pas, finalement, le dernier recours de celui qui est tout aussi perdu dans le vide idéologique contemporain que ceux qui crient au loup (nazi) au lieu de documenter et de dénoncer dans leur complexité les dérives de nos sociétés ?

Cette arme fatale, sorte de reductio ad Teresam, se traduit plus largement par la chasse au politiquement correct (lui aussi devenu une véritable insulte), parfois même assumé comme une chasse au droit-de-l’hommisme[16]. Elle rend dès lors difficile la verbalisation simple, assumée et, certes, peu originale – puisque justement censée être collectivement partagée – de principes et de positions idéologiques.

On le voit, ces procédés rhétoriques peuvent en partie expliquer la polarisation des débats, qui deviennent de prévisibles et ennuyantes batailles entre « méchants » et « gentils, donneurs de leçon » caricaturés par les uns et les autres comme autant d’avatars maléfiques d’Hitler ou d’âmes naïves et narcissiques candidates à la canonisation (symbolique). Au lieu de discuter des idées et des idéologies des mouvements intellectuels et politiques, on classe donc leurs représentants ou leurs défenseurs dans des catégories de figures stéréotypées, peu originales, peu complexes et donc peu stimulantes. En fin de compte, ce qui est en apparence une forme d’arme argumentative « originale » qui émerge d’une critique d’une vision naïve du Bien et du Mal, la reductio ad Teresam, nous semble donc tout aussi révélatrice d’une incapacité à élaborer une idéologie et à assumer des postures idéologiques.

  1. L’ÉDUCATION PERMANENTE COMME OUTIL D’ÉMERGENCE D’UNE IDÉOLOGIE COLLECTIVE

Nous l’avons vu, pour se sentir en sécurité dans un monde complexe et face aux phénomènes abstraits, nous avons besoin de représentations collectives, de figures stéréotypées qui incarnent des principes, positifs comme négatifs, tantôt que nous désirons appliquer et tantôt dont nous désirons nous éloigner. Disposer de ces garde-fous, ces références universelles constitue un des éléments-clés nécessaires à l’émergence de représentations collectives qui soient fortes et qui permettent à tous de s’émanciper.

Néanmoins, le monde est toujours plus complexe que ce que nos catégories veulent bien nous le faire penser. Plus particulièrement, des notions comme le juste, le bien ou le mal, échappent à des raisonnements simples ou à des figures précises. C’est pourquoi, si nous désirons participer à l’émergence de représentations sociales collectives qui s’assument, se discutent et guident l’action, il parait nécessaire de forcer quelque peu l’esprit humain à sortir de son confort et à se plonger dans la complexité du réel. Ce travail est d’autant plus nécessaire que notre collectivité est en panne d’idéologie, et que cela nous mène d’autant plus à nous raccrocher à des figures stéréotypées telles qu’Hitler ou Mère Teresa pour juger et définir le bien, le mal et le juste.

En tant qu’association d’éducation permanente, nous ne pensons pas que ce vide idéologique doive nous donner le vertige. Au contraire, il constitue une chance à saisir : il laisse la place à un travail individuel et collectif de construction et d’explicitation d’une idéologie qui ne soit plus imposée d’en haut mais qui émerge par un travail collectif et horizontal. Ce travail de construction et d’explicitation ne peut se faire spontanément : il est ardu et peut sembler risqué étant donné les tensions dans lesquelles les citoyens vivent aujourd’hui. C’est précisément là que l’ducation permanente a un rôle à jouer : celui d’amener les citoyens à exercer leurs droits par eux-mêmes – qui comprennent notamment celui de définir leur propre idéologie et de faire entendre leurs besoins et leurs désirs – en développant leur sens critique et les compétences nécessaires à l’exercice de leurs droits.

Dans ce cadre, la mission de l’éducation permanente, qui a pour vocation de s’intéresser plus particulièrement aux personnes issues des milieux dits populaires,  pourrait donc se définir comme étant celle de contribuer de la façon la plus pertinente qui soit à faire émerger une idéologie collective populaire qui soit émancipatrice et qui puisse peser dans le débat public et politique.

  • [1] LEYENS,  J.-Ph., YZERBYT,  V.  &  G. SCHADRON.  Stéréotypes  et  cognition  sociale.  Sprimont, Pierre Mardaga, 1996, p. 31.
  • [2] ABRIC, J.-C. (dir.). (1994). Pratiques sociales et représentations. PUF, Paris, 1994.
  • [3] Dans son livre Reductio ad Hitlerum. Une théorie du point Godwin, PUF, Paris, 1994.
  • [4] DE SMET, F., Ibid.
  • [5] Idem.
  • [6] Idem.
  • [7] Idem.
  • [8] Idem.
  • [9] Trésor de la langue française informatisé.
  • [10] Pour rappel, la notion d’idéologies renvoie à des ensembles plus ou moins cohérents des idées, des croyances et des doctrines philosophiques, religieuses, politiques, économiques, sociales, propres à une époque, une société, une classe et qui orientent l’action (Trésor de la langue informatisé).
  • [11] Notre objectif n’est pas ici de revenir sur les raisons de cette « dé-monétarisation » des idéologies, d’autant plus qu’il est difficile de savoir quels facteurs jouent particulièrement et que cela demanderait des développements et recherches de grande ampleur. Nous ne faisons ici que citer quelques éléments clés de cette évolution intellectuelle.
  • [12] Notons par ailleurs que la qualification « postmoderne » est elle-même très fortement soumise à débat, notamment parce qu’elle semble être mobilisée pour dire tout et son contraire et qu’il est aujourd’hui très difficile de déterminer ce que « postmoderne » sous-entend.
  • [13] Voir notamment COMBLÍN, J., Le néolibéralisme, pensée unique, L’Harmattan, Paris, 2003 ou CORM, G. , Le nouveau gouvernement du monde. Idéologies, structures, contre-pouvoirs, La Découverte, Paris, 2010.
  • [14] Notre objectif n’est pas ici de revenir sur les raisons de cette « dé-monétarisation » des idéologies, d’autant plus qu’il est difficile de savoir quels facteurs jouent particulièrement et que cela demanderait des développements et recherches de grande ampleur.
  • [15] Précisons qu’il faut toutefois se garder de taxer toute référence aux nazis ou à Hitler dans les débats contemporains comme relevant de cette stratégie argumentative. Comme l’a souligné Godwin lorsqu’on lui a demandé de se positionner quant à la nature des idées et des méthodes des suprémacistes américains, il faut pouvoir appeler un chat un chat, et donc reconnaitre et dénoncer les néonazis (voir https://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-nos-vies-connectees/20170814.OBS3342/sur-charlottesville-l-inventeur-du-point-godwin-est-formel-ces-merdeux-sont-des-nazis.html).
  • [16] Expression péjorative qui désigne une attitude bien-pensante qui invoque la défense des droits de l’homme, parfois associée à l’expression de simples grands principes qui ne sont pas suivis d’action ou à une attitude excessivement tolérante.

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par
  • Nicolas MARION

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